À une certaine époque, la santé était une richesse. Maintenant, « L’appétit de succès et de richesse est regardé comme une preuve de santé » (Franco Ferrucci, "Sur le bonheur", p.98).
Nous vivons dans une société malade que ne cesse de promouvoir la performance, à n’importe quel prix. Les étudiants, épuisés, deviennent des zombies de la Cote R, afin de pratiquer le métier qui leur apportera le plus d’argent possible. On doit être le plus performant possible dans notre travail, on doit obtenir des hausses de salaire pour faire des réserves de retraite (un concept qu’on nous expose dès l’âge de 19 ans), et, enfin, mourir en étant les plus riches et les plus confortables.
Cette compétition essouflante est perçue comme la chose la plus saine du monde. Mais à force de vouloir des résultats, on oublie tout le reste, y compris les leçons apprises par cœur et recrachées sur des feuilles d’examens. Les résultats valent mieux que la connaissance, c’est notre devise.
En étant constamment bombardés par ce qu’on pourrait avoir de plus (une grosse voiture dans le gros garage de notre grosse maison devant notre grosse piscine entretenue par une grosse femme de ménage), nous vivons dans une insatisfaction maladive mais encouragée. Mécontents de ce qui est acquis, nous vivons la tête levée, regardant en haut plutôt qu’autour de nous, ce qui termine tout simplement par un torticolis de société. Paralysés dans cette position, nous sommes incapables d’être heureux ou confortables, vivant dans un appétit insatiable plutôt que dans le rassasiement.
Mais dans une société de torticolis, celui qui est capable de baisser la tête et de se contenter est vu comme étant malsain. La majorité définit la norme, la norme définit la santé. Mais quand la majorité est malade et qu’elle refuse d’accepter son diagnostic, elle condamne ses habitants à trébucher de mirage en mirage, à chercher des fibres de vérité dans lourde tapisserie de mensonges.
Nous vivons dans une société malade que ne cesse de promouvoir la performance, à n’importe quel prix. Les étudiants, épuisés, deviennent des zombies de la Cote R, afin de pratiquer le métier qui leur apportera le plus d’argent possible. On doit être le plus performant possible dans notre travail, on doit obtenir des hausses de salaire pour faire des réserves de retraite (un concept qu’on nous expose dès l’âge de 19 ans), et, enfin, mourir en étant les plus riches et les plus confortables.
Cette compétition essouflante est perçue comme la chose la plus saine du monde. Mais à force de vouloir des résultats, on oublie tout le reste, y compris les leçons apprises par cœur et recrachées sur des feuilles d’examens. Les résultats valent mieux que la connaissance, c’est notre devise.
En étant constamment bombardés par ce qu’on pourrait avoir de plus (une grosse voiture dans le gros garage de notre grosse maison devant notre grosse piscine entretenue par une grosse femme de ménage), nous vivons dans une insatisfaction maladive mais encouragée. Mécontents de ce qui est acquis, nous vivons la tête levée, regardant en haut plutôt qu’autour de nous, ce qui termine tout simplement par un torticolis de société. Paralysés dans cette position, nous sommes incapables d’être heureux ou confortables, vivant dans un appétit insatiable plutôt que dans le rassasiement.
Mais dans une société de torticolis, celui qui est capable de baisser la tête et de se contenter est vu comme étant malsain. La majorité définit la norme, la norme définit la santé. Mais quand la majorité est malade et qu’elle refuse d’accepter son diagnostic, elle condamne ses habitants à trébucher de mirage en mirage, à chercher des fibres de vérité dans lourde tapisserie de mensonges.

(Franco Ferrucci, 1936- )

6 commentaires:
Alors là!
Je viens de faire un survol rapide (lire très rapide, j'y arrive à peine) et je dois avouer que ta page sera une source de lecture fort intéressante!
J'aime bien la plénitude de tes facettes; quel personnage complexe et intrigant tu fais!. :)
Vrai. Peut-être pour ça que je suis folle.. ^^
Merci, bonne lecture :)
Sarah!!
Et moi donc :P
Belle analyse de la (pathétique) situation! Est-ce qu'on t'a déjà mentionné que tu devrais considérer des études en littérature ou en philo! ;-)
Merci!
Et pourtant, j'hésitais entre comptabilité et actuariat ;)
♥
ps: j'ai pensé a toi ce matin en rejouant une Sonate et une Fantaisie de Mozart...Il a du potentiel, ce petit.
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